Une épidémie silencieuse

Jusqu’il y a peu d‘années la faim et les maladies contagieuses ont été considéré comme les problèmes les plus importants dans les pays de revenus bas. Mais aujourd’hui les maladies chroniques sont la cause la plus fréquente de mortalité. Il faut alors une réorientation globale.

Les maladies non transmissibles et les maladies chroniques

Les souffrances mondiales

Quand la communauté internationale avait adopté les Objectifs du Millénaire en 2000 on a mis l’accent sur la réduction de la pauvreté, du taux des décès par VIH et le sida, le paludisme et d’autres maladies transmissibles. Les maladies non transmissibles et les maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires par exemple, les tumeurs malignes, les maladies respiratoires chroniques ou le diabète étaient considérés comme maladies typiques des hommes dans les pays industrialisés. Et par conséquent on ne les a pas pris en compte dans les Objectives du Millénaire.

En avril 2015 la secrétaire générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a ouvert un rencontre international de haute gamme à Genève avec les mots suivants: ‘Les défis dans le domaine de la santé ont changé de façon dramatique depuis le début de ce siècle. On ne peut plus considérer les maladies non transmissible comme un problème des pays riches.’ Les statistiques de santé sont alarmantes: les maladies chroniques sont mondialement la cause la plus fréquente de décès. A peu près 38 millions meurent chaque année à la suite de ces maladies. Presque trois quarts de ces morts concernent les gens dans les pays de revenu bas  ou médiocre et parmi eux un grand nombre n’a même pas soixante-dix ans. Si la communauté internationale n’y répond pas, l’OMS s’attend à une augmentation des décès de 15 %.

Si l’on ne regarde pas seulement la durée de vie plus courte  mais aussi la limitation de la qualité de vie, la gamme des maladies non transmissible s’élargit. Les maladies psychiques contribuent essentiellement au fardeau global des maladies. En plus on observe que le nombre des accidents et blessures augmente également.

Les raisons complexes et les conséquences économiques

Les raisons pour le décalage du spectre des maladies sont complexes. Il y a des raisons en quelque sorte évidentes: une croissance de la population et plus de vieux gens mène automatiquement à une augmentation des maladies chroniques. Mais cela veut dire aussi qu’il ne suffit plus de faire survivre les enfants leurs 5 premières années mais de s’occuper qu’ils ont la chance de grandir et de devenir plus âgé en bonne santé.

Une autre raison pour l’augmentation des maladies chroniques sont la globalisation et l’urbanisation croissante. En Afrique, en Asie et à l’Amérique du Sud les gens plus aisés ont adopté un style de vie plutôt nuisible à la santé: des  produits alimentaires trop sucrés, des aliments traités et raffinés et le manque d’activité physique conduisent à un surpoids  et augmentent le risque pour le diabète type 2 et les maladies cardio-vasculaires. En outre dans beaucoup de régions du monde la consommation d’alcool et du tabac ont augmenté ce qui entraîne beaucoup de maladies associées.

Mais les perdants de la globalisation sont aussi touchés par des maladies chroniques: les gens avec des revenus bas ne sont pas capables de se nourrir de façon équilibré ni d’adopter un style de vie bénéficiaire à la santé; ils doivent vivre et travailler sous des conditions qui les rendent malades.

Un autre problème est la charge financière des gens dans les pays où le système de santé est plutôt faible. L’exemple suivant illustre les difficultés qui en résultent. Faith habite au Malawi, elle a 45 ans et doit se faire examiner régulièrement à l’hôpital à 10 km à cause de son diabète type 2. Elle doit payer son ticket de bus, l’examen à l’hôpital et les médicaments elle-même. A cela s’ajoute sa perte de revenus pendant le temps ou elle ne peut pas travailler. Si jamais elle avait des maladies associées comme les maladies oculaires ou les affections rénales elle devrait payer les traitements elle-même aussi. D’après une enquête de l’Union Africaine de l’année 2013 les frais de traitements des maladies chroniques mènent chaque année 100 millions de personnes dans la pauvreté.

Même pour l’économie mondiale les maladies chroniques ont de graves conséquences. Le Forum Economique Mondial a publié en 2011 une prévision inquiétante: si le nombre des maladies chroniques continuent à augmenter l’économie mondiale pourrait souffrir une perte de 47 billions de Dollars pendant les prochaines 20 années. Par contre la prévention et le traitement efficace de ses maladies ne coûteraient qu’à peu près 11 milliards de Dollars dans les pays de revenus bas ou médiocre d’après l’OMS.

La nécessité pour de nouvelles stratégies

On appelle l’augmentation des maladies non transmissibles aussi l’épidémie silencieuse. Les états membres de l’OMS se sont mis d’accord sur un plan global pour la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles pour les années 2013 à 2020. On veut réduire donc la consommation d’alcool et du tabac par une interdiction de publicité. On veut encourager et protéger l’allaitement des bébés par l’interdiction de publicité pour les aliments artificiels pour nourrissons. Les objectifs durables du Millénaire pour le Développement adoptées en septembre 2015 par les Nations Unies demandent ‘de réduire les décès causés par les maladies non transmissibles d’un tiers et de contribuer à la santé psychique’.

Les succès durables ont besoin d’une approche large. Les bons soins de santé y sont essentiels. Le personnel de santé surtout dans le domaine des soins de base doit être formé en prévention et traitement des maladies chroniques, les médicaments efficaces doivent être disponibles et il est nécessaire de trouver de nouveau chemin pour financer les systèmes de santé.

Dans le travail de projet du DIFAEM la santé psychique devient de plus en plus importante. Au Libéria et á Sierra Leone on s’occupe des soins psychosociaux des survivants de l’épidémie Ebola, en Inde le DIFAEM subventionne des programmes de la prévention du suicide dans la région de l’hôpital Duncan et au Malawi la santé psychique est un élément des projets de santé de base.

Contact

Dr. Beate Jakob
Dr. Beate Jakob Théologien et docteur en médecine Mohlstraße 26 72074 Tübingen Tel. +49/7071 704 90 23 Fax: +49/7071 704 90 39 jakob@difaem.de